Trouver un sens à sa vie

TROUVER UN SENS A SA VIE

 » Toute chose dans la nature possède une forme, un contenu et un sens.

Quand le sens de la vie nous échappe ou nous parait absurde, nous sommes mis en face de nous-même, de nos manques de nos incertitudes, de notre peur de la mort. Il devient alors presque logique de se réfugier dans la maladie, la drogue, le suicide, la violence et s’enfermer dans cette spirale qui devient vite une prison. Trouver un sens à la vie devient LA nécessité absolue. Pour le trouver ce sens il faut le chercher, car il n’est pas unique mais propre à chacun. Se mettre en chemin, agir, permet à la démarche elle-même de devenir thérapie.

Trouver un sens à sa vie, c’est être en harmonie avec soi-même, mais aussi avec les autres, c’est savoir donner et recevoir dans un échange qui fait aller les relations dans le sens optimum.

Trouver un sens à sa vie, c’est aussi, dans notre civilisation où le travail occupe une part prépondérante, accepter cette partie de notre existence, en sachant que nous pouvons, si nous le voulons, y trouver un épanouissement. La vie est une immense école où nous devons construire chaque jour les éléments de notre vie future par la diversité des expériences.

Comment est-il donc possible à notre époque où le « mal de vivre » est tant d’actualité, de trouver ce sens que tout le monde cherche plus ou moins heureusement, et qui ne va jamais sans une remise en cause de ses anciennes habitudes? Comment gérer le stress et surtout faire la différence entre le Bon dont nous avons besoin, celui qui nous pousse à agir et le Mauvais qui nous empêche d’être nous-mêmes? Toute l’histoire de notre vie est écrite dans notre corps, aussi bien celle que nous considérons comme la meilleure, que celle que nous refoulons. Nombres de nos contemporains sont déprimés, et quatre enfants sur dix en souffriraient déjà. Cherchons une réponse dans la comparaison suivante : l’entité humaine, dont chacun de nous représente une cellule (actuellement un six milliardième), et un être humain. Ce gigantesque organisme de 6 milliards de cellules à une enfance, une adolescence, un âge adulte etc… A l’époque actuelle, il se comporte surtout comme un enfant gâté dont les caprices doivent être satisfaits immédiatement, sans percevoir les conséquences de ses actes, son emprise sur sa mère, la Terre, et ses frères, les autres règnes tant animal que végétal et minéral : exactement comme le petit dernier qui n’en fait qu’à sa tête et pourrit la vie de ses parents et de ses frères et sœurs. Cet enfant s’imagine que tout lui est dû, que rien n’est plus important que lui et qu’il est le centre de toutes choses. L’arrivée à l’âge adulte ne lui sera certainement pas facile. Il se voit évoluer dans un monde qui lui paraît ingrat, ses caprices ne sont plus satisfaits dans l’instant, (les ressources naturelles s’épuisent, les déchets s’accumulent), les autres ne sont plus à son service et le remettent volontiers à sa place. Tout s’écroule autour de lui (la science ne sait pas résoudre tous les problèmes). Suivant son caractère, il franchira ces épreuves avec plus ou moins de bonheur ou de mal-être, en sortira grandi ou affaibli, empruntant les chemins dans l’impasse de la drogue, et parfois déprimé à vie.

On n’a jamais vu un assassin dire que seul son bras est responsable et qu’il convient de juger et punir ce bras sans que lui-même ne se préoccupe de rien. Il sait très bien que si son bras est coupé ou torturé, cette souffrance affectera tout l’organisme. Pouvez-vous imaginer vivre dans un paradis avec un doigt de pied écrasé et vous entendre dire : « de quoi te plains-tu ? Tu n’as pas mal ailleurs.  » En effet, cette douleur est ressentie dans le corps entier.

Il en est de même pour l’entité humaine. La plus grande partie survit à peine, meurt de faim, de guerres, d’empoisonnement de toutes sortes. Comment pouvons-nous ici, dans notre partie privilégiée, vivre dans l’insouciance ?

Avez-vous déjà assisté quelqu’un qui souffre ? Nous savons que cette douleur, nous la ressentons sur un autre plan que le plan physique. Quand quelqu’un que nous aimons souffre, même s’il est éloigné, nous en sommes affectés.

La terre, les règnes animal, végétal, minéral, malmenés, souffrent, se meurent en silence. Sans que la majorité d’entre-nous en soit conscients, cette souffrance nous affecte tous profondément. Le mal de vivre nous envahi.

Ouvrons les yeux, ouvrons nos cœurs. Ne cherchons plus égoïstement dans notre inconscient des causes vécues, mais regardons plus loin. Mobilisons-nous pour la cause de la terre, des animaux, de l’écologie. Cessons de nous comporter comme des enfants qui attendent toujours plus. La dépression, la maladie sont la suite logique de cette façon de vivre.

Pour nous aider dans cette quête, il y a de nombreux chemins qui sont, pour la majorité d’entre-nous « montants, sablonneux, malaisés, et de tous les côtés aux tracas exposés ». Beaucoup se perdent dans leurs dédales, car ils ne font que remplacer leurs vieilles habitudes par d’autres. Ils restent dans le « faire », dans « l’avoir » sans se rendre compte que le véritable chemin se situe dans « l’être » et se retrouvent de nouveau dans une autre dépendance. Les tensions accumulées depuis l’enfance, et que le corps a conservées, offrent une prise de premier choix à toutes celles que nous lui rajoutons chaque jour. Nous devenons irritables, notre attention perd de sa vigilance, nous sommes agressifs, aussi bien avec nous-mêmes qu’avec notre entourage. Notre vie devient de plus en plus difficile.

Quand nous développons notre responsabilité envers nous-mêmes par une prise de conscience des capacités de notre corps, de notre mental et de notre capital énergétique, notre conscience s’élargit à ce qui nous entoure. Nous sortons, en quelque sorte, de notre prison corporelle. Une petite lumière s’allume en nous. Nous devenons capables de remettre nos habitudes, nos jugements, nos a priori en question plus souvent, dans le dessein d’opérer un tri objectif et de consentir à abandonner tout ce qui nous apparaîtra, à cette lumière intérieure, obsolète.

EN GUISE DE CONCLUSION

J’aime raconter et raconter encore l’histoire de ce cavalier traversant le village sur son cheval au galop : « où files-tu ainsi ? Lui crie son ami ? » –  » J’sais pas, demande au cheval ! » Nous laissons notre corps et nos habitudes nous diriger dans de nombreuses circonstances. C’est bien utile, car agir constamment en novice serait épuisant et représenterait une énorme perte de temps.

Mais nous prenons vite l’habitude de laisser faire le pilote automatique, pendant que notre mental suit tout seul son bonhomme de chemin. Notre intuition, dans notre monde rationnel, n’a plus droit de citer. Mais elle est pourtant là, tapie au plus profond de nous, apeurée ! Pouvons-nous encore l’écouter et lui faire confiance ? Quelquefois, nous entendons en nous une voix murmurer doucement. Nous ne lui prêtons aucune attention, préférant suivre des cheminements qui paraissent plus rationnels à notre mental et à notre « raison ». Il faut parfois s’être beaucoup trompé pour pouvoir faire la différence entre la véritable intuition et les besoins d’un corps émotionnel et d’un corps physique, symbolisé dans notre histoire par le cheval.

Combien de fois agissons-nous avant que le cavalier ait eu son mot à dire ? Si nous nous décidons à prendre les rênes, à diriger notre monture, notre logique interne et notre raison sauront entrer en symbiose avec notre être profond, notre être « intuitionnel » toutes les fois où cela s’avérera nécessaire.

Nous habitons un corps qu’il faut apprendre à considérer et à aimer : il est l’écrin de notre être intérieur, notre être profond, capable d’apprendre aussi dans le bien-être, et non pas dans la douleur, comme c’est presque toujours le cas. Sachons aussi cultiver l’émotion dans la simplicité de la vie : regarder avec des yeux d’enfants les choses telles quelles sont, réapprendre à écouter nos sens avec candeur ; s’arrêter au sommet d’une colline pour contempler la vue sur la vallée qui s’étend au-delà des pelouses et des arbres, quand le soleil l’inonde et irradie la brume comme une douce caresse ; sentir que nous pouvons inspirer tout le paysage. Fermer les yeux et voir encore le paysage ; avoir conscience de la fraîcheur de l’air sur notre visage. Écouter le bruissement du vent dans les feuilles ; être là … Simplement pendant quelques instants… À ce moment précis, nous pouvons nous dire que nous avons vraiment vécu cet instant-là et nous sentir, à cette seconde même, fabuleusement vivants…

Pour avoir la meilleure conscience possible de votre corps, n’hésitez pas à le masser, le frotter, surtout si vous êtes vraiment angoissé, malheureux, déprimé. Le corps a de multiples moyens d’expression. Si vous êtes « mal dans votre peau », passez-vous les mains sur le corps, les bras, les jambes, le visage. Le simple fait de se frotter à la suite d’un coup fait beaucoup de bien : un choc émotionnel provoque souvent les mêmes réactions qu’un choc physique. Bien commencer une journée est important ; ne dit-on pas « se lever du pied gauche » quand tout va mal et que l’on est de mauvaise humeur ? Pour bien commencer cette journée qui se présente, saluez le jour qui vient, dites : « bonjour, le jour ! » Et ce faisant, souriez ! Puis étirez-vous…

Toute l’histoire de notre vie est écrite dans notre corps, aussi bien celle que nous considérons comme la meilleure, que celle que nous refoulons. Ces méthodes visent à travailler et évacuer ce que nous avons somatisé, dans la bonne humeur et la détente.