Procédé Respiratoire Fondamental

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La préparation à l ‘effort est un stade très important dans la pratique du Hatha-Yoga.On doit commencer par dénouer tout ce qui bride ou serre le corps (ceinture, cravate, bracelet, etc..)

On s’étend alors sur le dos , sur un tapis ou une couverture repliée au sol, dans la position flasque et répandue qu’on prendrait pour un bain de soleil, bras à plat le long du corps, paumes des mains tournées vers le ciel.

Ainsi étalé, on procède à une décontraction rapide,, mais totale du corps entier, sans passer une revue de détail, mais en s’occupant directement de l’essentiel: certains centres nerveux.

Tout d’abord, on tourne la tête de droite à gauche, en la faisant rouler lentement sur le tapis, sans la soutenir.

Ce geste simple, répété lentement une dizaine de fois, décontracte la nuque, permet un afflux circulatoire au niveau du bulbe rachidien, et effectue, par le poids de la tête, un massage par pression des insertions musculaires et nerveuses de la partie inférieure de la boite crânienne.

Après avoir immobilisé la tête, on cherche par la pensée, à décrisper le cuir chevelu, comme si on défroissait une étoffe. Puis, de la même façon on étale son front, on lisse ses paupières sur les yeux clos. On efface la crispation possible à la racine des narines. On étale ses joues, comme si les oreilles étaient repoussées vers l’arrière de la tête. On desserre les dents, on délace le noeud du fond  de la gorge, s’il existe. On laisse les mains amollies, toujours paumes tournées vers le ciel. C’est en passant en revue tous les sièges de l’expression , que l’on obtient le plus naturellement une sensation d’abandon complet, comme si à  un masque indifférent, ne pouvait correspondre qu’un corps dénoué, libéré de toute tension.

C’est seulement lorsqu’on a atteint cet état de « vacuité » que l’on se trouve prêt à concentrer s volonté sur la partie la plus enrichissante  de tous les exercices;  l ‘éducation du souffle.

Sans bouger, toujours répandu sur le sol comme un linge mouillé, écoutez-vous respirer un moment: c’est votre « rumeur intérieure », comme disent les hindous.

Vous allez parvenir à l’apprivoiser, faites sa connaissance dans le calme. C’est elle qui vous envahit et vous submerge en cas d’émotion violente, c’est sur elle et et par elle que votre maîtrise droit s’exercer.

Tout d’abord, réapprenez à vous servir du diaphragme.

C’est, ne l’oublions pas, la cloison qui sépare la cage thoracique de l’ensemble des viscères. C’est le fond de notre appareil, il est souple et très mobile.

Or, lorsque nous prenons une profonde inspiration, en temps normal, nous écartons les côtes en augmentant le volume thoracique latéral. Nous bombons le torse en oubliant le fond.

Le yoga nous demande, là comme ailleurs, d’avoir le maximum d’efficacité pour un minimum d’effort, donc de nous servir aussi du fond pour aspirer l’air, comme on tire sur le piston d’une seringue pour absorber un liquide. La façon la plus aisée de mobilier cette paroi, au début, est tout simplement de bomber l’estomac en avant pour inspirer , de faire « le gros ventre ». (Le diaphragme en bougeant repousse automatiquement les viscères, le ventre semble enfler.) Pour expirer, on laisse l’estomac s’aplatir.

Donc, toujours allongé au sol, les mains posées légèrement sur les côtes pour s’assurer que la cage thoracique   reste immobile, on inspire par le nez, en poussant l’estomac en avant (attention à ne pas cambrer les reins), puis on le laisse revenir lentement à sa place,en expirant, toujours par le nez.  Cet aller-retour doit se faire sans tension, dans un geste fluide, comme un soupir. au début, lorsqu’on ne peut peut pas localiser la course du diaphragme, il est très utile d’avoir recours à des images, sortes de « truc »  psychologiques, qui empêchent les contractions inutiles, et surtout la crispation des muscles du dos.

Par exemple, on peut se concentrer sur l’aller et retour qu’effectue le nombril: comme si on regardait une lamelle de bouchon, rythmiquement soulevée par une eau calme.

Pour aider ce geste vague et lent, toutes les images souples et fluides peuvent être valables: algues balancées par l’eau, liane, herbe molle remuée par le vent, etc.

Cette forme de respiration est essentielle. A elle se rattachent tous les effets les plus profond du Yoga:

ralentissement du rythme cardiaque, abaissement de la température, etc.

Par elle on apporte à l’organisme un calme  qu’il ne trouve que dans le sommeil parfait. Cette économie des échanges semble due à plusieurs facteurs: en premier vient l’aide mécanique apportée à la pompe cardiaque par la pression-décompression rythmée à l’intérieur de la cage thoracique (les Hindous nomment couramment le diaphragme ; « le second coeur »)

Ensuite, cet aller-retour paisible de la membrane paraît agir comme un massage sur la région du plexus solaire et contribuer pour une grande part à la détente nerveuse du système sympathique.( il n’est pas rare d’observer à ce moment une ou plusieurs décharges biliaires, qui s’accompagnent d’un minuscule clapotis très caractéristique.)

C’est seulement lorsqu’on aura obtenu une obéissance aisée du diaphragme que l’on pourra s’attacher avec fruit à la deuxième phase de la respiration: le travail de l’amplitude thoracique.

Toujours étal sur le sol, dans une position d’abandon, on inspire par le nez, en poussant le diaphragme d’abord, puis on continue d’inspirer en dilatant l’ensemble des côtes. En somme, l’inspiration complète donne l’image d’un récipient souple qui s’emplirait de liquide: une bouillotte, par exemple. L’eau fait bomber d’abord le fond (le diaphragme), puis tend les flancs en remontant vers le goulots (la gorge)

Pour l’expiration, même procédé: pour vider proprement une bouillotte (ou un tube de pâte dentifrice), c’est sur le fond que l’on appuie d’abord, pour chasser le contenu, de proche en proche, vers l’orifice. C’est donc le ventre qui s’aplatira le premier, puis un resserrement  des côtes.

Trois sortes d’obstacles peuvent s’opposer , d’une façon générale, à un parfait fonctionnement thoracique: d’abord la position verticale: le diaphragme semble perdre une grande partie de sa mobilité dans la station debout, ou assise. Cette inhibition paraît liée aux courbures vertébrales; plus elles sont accentuées par une mauvaise tenue, plus le sujet a du mal à respirer.

On doit noter également l’obstacle que représentent les ceintures serrées, qui empêchent les mouvements libres de l’estomac, surtout dans la position assise.

Enfin et de loin la plus importante on doit parler de l’habitude de respirer par la bouche. Le trajet de l’air dans les narines est absolument lié à l’efficacité du mouvement thoracique. Ce n’est pas simplement parce que les narines filtrent l’air, le purifiant, l’humidifiant, bref, le mâchent , comme la bouche pour les aliments, qu’elles sont indispensables. Mais surtout parce qu’elles recèlent de très précieuses terminaisons nerveuses (trijumeau) qui ont une influence directe sur l’amplitude thoracique.

Tout se passe comme si le frottement  du courant d’air, à l’intérieur de la narine, excitant les terminaisons d’une branche du trijumeau , l’autre branche, présidant du mouvement thoracique , se trouvait elle aussi stimulée ( cela explique comment on peut , part exemple, inhiber le va-et-vient thoracique d’un lapin en lui faisant un attouchement de cocaïne  à l’intérieur des narines: il meurt d’asphyxie).

Cette propriété du trijumeau est bien connu, et a été malheureusement expérimentée par l’usage de certains gaz asphyxiants: leur simple contact avec les terminaisons nerveuses des narines était paralysant pour la cage thoracique.

On ne le dira  donc jamais assez  l’importance de la respiration nasale et les conséquences que peuvent entraîner des narines défectueuses, ou accidentées ,tant sur le développement que sur le vieillissement du corps.

Donc le yoga comme ailleurs, une respiration nasale aisée est une nécessité, et on doit chercher à l’obtenir avant tout. Lors des exercices  respiratoires, surtout au début, on saura ménager souvent des temps de répit , pendant lesquels on respirera normalement , afin de ne pas irriter les narines par le frottement de l’air plus appuyé qu’à l’habitude.

Les haltes fréquentes ont aussi l’avantage de permettre , une détente du dos, lequel a toujours tendance à s’arquer pour aider l’amplitude respiratoire.

Cette fausse manoeuvre, qui pousse la cage thoracique en avant est parfaitement inutile. Elle tombe d’ailleurs d’elle-même par la suite, lorsque l’exercice  est devenu familier.

C’est seulement quand on est parvenu à une aisance complète dans ce pliage et dépliage thoracique, que l’on peut passer  au stade suivant. La rétention du souffle.

A suivre..

La rétention du souffle.

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Auteur : Yogananda Th

Yogi Naturopathe pratiquant la médecine naturelle Ayurved

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